Le pape François entame son voyage historique en Irak

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En dépit de la situation sanitaire qui paralyse les déplacements dans le monde, le pape François est attendu aujourd’hui aux alentours de 11h GMT à Bagdad. Une visite historique marquée par des mesures à la fois sécuritaire et sanitaire. Son voyage en Irak a pour but de réconforter l’une des plus anciennes communautés chrétiennes au monde, accablée par les affrontements armés et l’oppression.

Il s’agit de la première visite papale dans l’histoire du pays qui s’étendra sur trois jours et pendant laquelle le souverain pontife se déclarera « pèlerin de la paix ». Cependant, son déplacement sera placé sous haute surveillance en voiture blindée sans bains de foule. En effet, en raison de plus de 5000 cas de Covid-19 recensés quotidiennement, le pays a décrété un confinement total. Les irakiens pourront, donc, suivre « virtuellement » le pape argentin à travers la télévision.

Dès son arrivée sur le sol irakien et comme à l’accoutumé, le pape de 83 ans entamera son pèlerinage par un discours destiné aux dirigeants. Après Bagdad, il entend parcourir 1445 km pour se rendre à Najaf, Ur, Erbil, Mossoul et Qaraqosh et ce à partir du vendredi jusqu’au lundi. Un programme chargé qui permettra à François de s’adresser aux chrétiens d’origine irakienne afin de les appeler à un retour à leur terre après avoir fui l’Etat Islamique et quarante années de guerre. Il sera également reçu pour la première fois par Ayatollah Ali Sistani. A Ur, berceau d’Abraham dans le sud tribal et rural de l’Irak, le souverain pontife participera à une prière avec des chefs sunnites, chiites, yazidis et sabéens. Après un grand tour aux quatre coins du pays, par les routes et les airs, le pape rassemblera plusieurs milliers de fidèles pour une messe dimanche au stade d’Erbil au Kurdistan.

Ce voyage tombe à point nommé dans un pays où le taux de pauvreté a doublé à 40% en 2020. Jusqu’à aujourd’hui, l’Irak est fortement fragilisé par des attaques meurtrières. La dernière en date est survenue le mercredi 3 mars, des tirs de roquettes avaient ciblé une base militaire américaine.