Recherche clinique au Maroc: Opportunités et enjeux

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M. Omar Seghrouchni, Président de la CNDP

L’Association Marocaine de l’Industrie Pharmaceutique (AMIP) a organisé, le 26 novembre 2019 à Casablanca, en collaboration avec la Fondation Cheikh Zaïd et en partenariat avec IQVIA, un Symposium sur le thème ‘’Recherche clinique au Maroc: Opportunités et enjeux’’. Cette rencontre avait pour objectif majeur de tracer une Feuille de route pour le développement de la recherche clinique au Maroc, à travers le partage d’informations et le retour d’expériences entre les professionnels marocains et leurs homologues français.

Le Symposium, qui a été animé par des experts nationaux et internationaux disposant d’une large et riche expérience dans leurs domaines d’activité, a été structuré, outre la séance plénière donnant le coup d’envoi aux travaux de cette rencontre scientifique, réglementaire et opérationnelle, en deux panels qui ont permis d’aborder des sujets d’importance pour l’industrie pharmaceutique marocaine, notamment les essais cliniques et les études de bioéquivalence.

Compte-tenu de son caractère hautement scientifique, la rencontre a été rehaussée par la présence de personnalités publiques marocaines et étrangères concernées, notamment M. Omar Seghrouchni, Président de la Commission Nationale de Contrôle de la Protection des Données à Caractère Personnel (CNDP), et Mme Nora Berra, ancienne Secrétaire d’Etat à la Santé de la France.

 

RECHERCHE ET ESSAIS CLINIQUES,

LEVIERS DE L’INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE MAROCAINE

Le symposium de l’AMIP (Association marocaine de l’Industrie Pharmaceutique) a été l’occasion de traiter de deux thèmes d’importance capitale pour le développement de l’industrie pharmaceutique au Maroc: La recherche et les essais cliniques.

Il est utile, à cet égard, de souligner que la recherche clinique couvre l’ensemble des recherches médicales traitant de l’être humain. Les essais cliniques, de leur côté, permettent l’évaluation de l’efficacité et de la sécurité des thérapeutiques, des médicaments, des actes ou des dispositifs médicaux. Ils ont un triple intérêt: permettre aux malades de bénéficier de traitements innovants, approfondir les connaissances des équipes médicales marocaines et contribuer à l’excellence scientifique des secteurs public et privé de santé.

La recherche et les essais cliniques ont un double impact sur le plan national. Cet impact est à la fois économique et médiatique.

Le premier est déterminant pour les industriels, car les résultats des recherches et des essais cliniques constituent le principal critère de mise sur le marché, en ce sens qu’ils génèrent de nouveaux métiers et de nouveaux emplois tant au niveau de l’industrie qu’à l’échelle des CRO (Clinical Research Organizations). De ce fait, ces résultats engendrent des recettes non négligeables au niveau du budget des hôpitaux.

Le deuxième, médiatique, favorise le rayonnement du Maroc au niveau régional et international. De par sa nature et ses objectifs, la recherche clinique est une question d’intérêt mondial et, en conséquence, fait l’objet d’une forte compétition. Les données des études cliniques venues de toutes parts sont ainsi agrégées et analysées pour améliorer la connaissance des maladies et de leurs traitements pour le bien des patients.

Cette double dimension caractérisant la recherche et les essais cliniques est partagée par toutes les autorités soucieuses d’assurer une politique publique de santé axée sur le bien-être des citoyens. D’où l’importance du Symposium de l’AMIP comme l’a relevé l’ex-Secrétaire d’Etat française chargée de la Santé, Mme Nora Berra, qui a estimé que « le colloque organisé par l’AMIP est une réelle opportunité de poser l’enjeu de l’innovation thérapeutique au Maroc. La volonté d’optimiser la gouvernance du système de santé, de développer la filière de production locale des médicaments, et celle de professionnels particulièrement mobilisés, doivent pouvoir engager le Maroc à répondre aux exigences des standards internationaux en matière de recherche clinique. Cette ambition portée par le Maroc est une véritable voie qui ouvre des perspectives plus globales au bénéfice du continent africain. »

La pertinence de cette approche dynamique, qui a prévalu à l’organisation du Symposium de l’AMIP, explique la participation de toutes les parties prenantes du cadre réglementaire des essais clinique, notamment le Président de la CNDP, ainsi que les comités d’éthique. Cette participation confirme l’intérêt porté par l’AMIP à la construction d’un écosystème coordonné pour le développement de la recherche clinique au Maroc.

UNE FEUILLE DE ROUTE

POUR BOOSTER LA RECHERCHE CLINIQUE AU MAROC

Lors du Symposium de Casablanca, les professionnels ont mis en exergue leurs attentes et les enjeux de leur profession, en les transcrivant dans des recommandations devant servir à préparer une feuille de route transposant la vision clairvoyante du secteur privé en la matière.

L’objectif de cette feuille de route est de permettre à l’industrie pharmaceutique nationale de placer le Maroc en pôle-position au plan régional et continental. Ces recommandations devraient être portées à la connaissance des pouvoirs publics pour approbation et mise en œuvre dans les meilleurs délais.

Au plan éthique, il est d’évidence que l’industrie pharmaceutique est un secteur très sensible pour la santé des citoyens. Il était tout à fait dans l’ordre logique des débats de cette rencontre que la question des données personnelles des patients soit abordée. Au regard du développement vertigineux des technologies de l’information et de la confidentialité caractérisant le traitement des données sanitaires, le Symposium a tout naturellement abordé ce volet sous le regard expert des autorités en charge de la protection de ces données, de leur utilisation par les professionnels de la santé et, en conséquence, de la part de responsabilité qui est la leur en l’occurrence. D’où l’intérêt de la loi 28-13 sur les essais cliniques portant sur la protection des données des personnes participant aux recherches biomédicales.

L’intérêt portée à cette question a été souligné par le Président de l’AMIP, Ali Sedrati, qui a tenu à préciser qu’il a ‘’fallu attendre Septembre 2015 pour que le Maroc se dote enfin d’une loi (n° 28-13) relative à la protection des personnes participant aux recherches biomédicales et poser les bases pour le démarrage de la recherche clinique dans notre pays’’. Il a par ailleurs fait remarquer, dans ce sillage, que ‘’le développement du médicament générique local a été freiné par l’absence de réglementation claire en matière d’études cliniques de Bioéquivalence. En effet, ce n’est qu’en Mars 2019 que le décret 2-17-429 a été publié au bulletin officiel’’.

LES PANELS

Le premier panel a été l’occasion de traiter de la Recherche clinique, en y explorant les voies et les leviers d’attractivité et de compétitivité qui lui sont inhérents. Trois questions-clés ont ainsi drainé l’attention des participants de ce Focus groupe. Il a été question d’approcher la manière dont le Maroc pourrait se positionner dans ce secteur, les défis à relever en ce sens et les perspectives et opportunités offertes en conséquence dans ce domaine.

Le deuxième panel a abordé la même thématique en Recherche clinique sous la loupe du cadre législatif et des règlements qui en organisent l’opérationnalité, le but étant d’en faire le bilan et d’y tracer les perspectives d’avenir. A cette occasion, il a été traité du Modèle européen avec, en filigrane, un regard comparé sur les expériences française et marocaine en la matière.

Le symposium de l’AMIP a également été ponctué, en fin de journée, par deux ateliers techniques destinés aux cadres des laboratoires affiliés à l’Association Marocaine de l’Industrie Pharmaceutique. Le premier a été centré sur les Essais cliniques, alors que le second a été consacré aux Etudes de Bioéquivalence.

Il est à noter que le Symposium de Casablanca a enregistré la participation de plus de 120 personnes, dont plusieurs experts et professionnels nationaux et internationaux : Présidents, Directeurs généraux, Pharmaciens, Directeurs Réglementaires des Laboratoires Pharmaceutiques, Présidents et Représentants des différentes instances du Secteur Pharmaceutique et Médical, Universitaires, ainsi que d’autres professionnels de la Santé, des partenaires publics et privés…

LA FONDATION CHEIKH ZAID, A PROPOS DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET BIOMEDICALE

La recherche biomédicale a connu lors des dernières décennies un développement incontestable. De la recherche sur les anticorps monoclonaux jusqu’aux thérapies cellulaires, les chercheurs et les industries pharmaceutiques se sont fait un champ de challenge et de compétition intense qui impactera sans doute la qualité de vie et la survie globale des populations mondiales.

Sur le plan économique et sociale, personne ne peut nier les retombés positives d’une telle recherche sur les citoyens, les professionnels de santé et sur le tissu économique (investissements, marché d’emploi, transfert de compétence et d’expertise…) ce qui impose aux pouvoirs publics et aux partenaires sociaux de concentrer leurs efforts pour en faire un levier, parmi d’autres, pour faire bénéficier notre population des avancements scientifiques en ce domaine.

La Fondation Cheikh Zaid, depuis sa création, a été et restera un partenaire privilégié pour participer, auprès des autorités et des partenaires industriels, à développer la recherche scientifique et biomédicale dans notre pays et ce à travers la formation de base des professionnels de santé, la formation continue et ses structures de recherche biomédicales (centre de bioéquivalence, centre de recherche clinique).

La Fondation a été pionnière dans ce domaine en créant lesdites structures de recherche et en mettant à leur disposition tous les moyens nécessaires pour réaliser de la recherche biomédicale conformément à la réglementation en vigueur et aux normes internationales. Une trentaine d’essais cliniques ont été déjà réalisés et une dizaine en cours de réalisation avec beaucoup d’enthousiasme et d’acharnement afin de surmonter les obstacles qui devraient être neutraliser par les autorités gouvernementales.

La Fondation a le plaisir d’être un partenaire de l’AMIP dans l’organisation de ce symposium qui vient s’additionner à d’autres activités déjà organisées dans le même thème et pour le même objectif et reste confiante que les efforts déployés par tous aboutiront aux résultats escomptés par notre pays.

A PROPOS DE L’AMIP

L’Association Marocaine de l’Industrie Pharmaceutique a été créée en 1985.

L’AMIP, qui représente au-delà de 75% du Chiffre d’Affaires du secteur et plus de  2% du PIB, est une association à but non lucratif. Elle œuvre au respect des fondamentaux et des valeurs du secteur pharmaceutique. Elle veille à l’accès qualitatif au médicament par le citoyen marocain et africain,

Interlocuteur privilégié de l’Autorité de tutelle et des organismes/institutions professionnels, l’AMIP est un acteur dynamique en termes d’investissements et de mobilisation de ses membres.

 

 

 

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