Relance économique… comment injecter les 120 Mds de DH

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«120 Mds de dirhams seront injectés dans l’économie nationale, soit l’équivalent de 11% du PIB». Ce chiffre annoncé par le Roi Mohammed VI à l’occasion du dernier discours du Trône, a suscité beaucoup de réactions dans le milieu des affaires. En cause, la manière dont l’exécutif allait s’y prendre pour financer ce plan ambitieux qui inscrit, selon les propos du Souverain, le Maroc parmi les pays les plus audacieux en matière de politique de relance post-crise.

Injection de 120 Mds de dirhams dans l’économie Sans surprise, le Maroc va s’appuyer sur l’expérience réussie des crédits garantis qui ont pu maintenir à flot des dizaines de milliers d’entreprises pendant le confinement. Ainsi, une partie de l’enveloppe annoncée, soit 75 Mds de dirhams, sera injectée via des crédits garantis par l’Etat. Les banques devront les distribuer au profit des entreprises publiques et privées, petites et grandes. La CCG sera chargée de gérer ce système de garantie parallèlement à sa réforme institutionnelle

L’Etat ne mobilisera pas plus de 5 Mds de dirhams, apportés par le Fonds Covid-19, pour couvrir les défauts des entreprises bénéficiaires. Ce chiffre correspond à ce qui est budgétisé dans la Loi de Finances rectificative.

Deuxièmement, 45 Mds de dirhams seront affectés au fonds d’investissement stratégique annoncé par le Roi. 15 Mds de DH seront financés par l’Etat et 30 Mds mobilisés auprès d’institutionnels locaux et étrangers dans le cadre de partenariats publics/privés sur des projets d’infrastructures notamment. Le fonds pourra également contribuer aux fonds propres d’entreprises pour assurer leur développement.

Au final, l’Etat ne mobilisera que 20 Mds de dirhams (5 Mds pour la garantie et 15 Mds dans le fonds stratégique) sur les 120 Mds de DH demandés par le Souverain. Ce qui ne fera pas dévier les indicateurs macroéconomiques de la trajectoire anticipée dans la Loi de Finances rectificative.

5 ans pour achever la réforme de la protection sociale
L’autre chantier majeur concerne la généralisation de la protection sociale. Ce dossier nécessite une grande mobilisation et, surtout, la finalisation d’un cadre réglementaire dédié. Si Mohamed Benchâaboun promet de démarrer dès maintenant le travail sur les orientations royales, force est de reconnaître que certains obstacles subsistent. Figurent notamment l’opérationnalisation du Registre national unifié et la réforme fiscale relative à la contribution professionnelle unique.

Le déploiement de cette réforme se fera de manière progressive, sur une période de 5 ans. Cela démarrera par le déploiement de l’AMO et des allocations familiales avant de s’attaquer à la généralisation de la retraite et de l’indemnisation pour perte d’emploi à horizon 2025.

Établissements et entreprises publics : La grande réforme Regroupement en pool pour faciliter le financement, suppression des établissements à faibles impacts, la Loi de Finances 2021 sera sans doute celle du grand ménage pour les établissements
et entreprises publics (EEP). Benchaâboun promet des liquidations et dissolutions en masse pour les établissements à faible utilité et des regroupements lorsque les synergies sont avérées.
Les EEP marchands et financiers seront regroupés dans des groupes ou holdings homogènes pour augmenter leur force de frappe, notamment en termes de levées de fonds.
Il sera également question de la création d’une agence dédiée à la gestion active des
participations de l’Etat.